# Ce qui est branché sur quoi : la méthode en quatre couches

2026-10-14 — https://noopsys.com/blog/ce-qui-est-branche-sur-quoi/

Copilot est activé, un assistant est branché sur le lecteur partagé, et personne ne peut dire où vont les données. Quatre couches suffisent pour cartographier l’exposition.

<p>Dans presque toutes les organisations de vingt-cinq à cent personnes que nous
rencontrons, la même situation : Copilot est activé, quelqu’un a branché un assistant
sur le lecteur partagé, le fournisseur du CRM a ajouté un modèle le trimestre dernier.
Et personne ne peut dire où vont les données, ni ce que ces outils peuvent faire au nom
de l’entreprise.</p>
<p>Un <strong>modèle de langage</strong> — ChatGPT, Copilot, Claude — prédit la suite probable d’un
texte ; nous l’avons défini dans le texte précédent. Ce qui compte ici, c’est qu’il ne
se contente plus de répondre : connecté à vos systèmes, il lit vos fichiers, écrit dans
vos outils, envoie des messages. La question n’est donc pas « utilisons-nous
l’IA ? » — elle s’utilise déjà. La question est : <strong>qu’est-ce qui est branché sur
quoi ?</strong></p>
<p>Voici la méthode que nous utilisons pour répondre, en quatre couches. Chaque couche est
une question, et chaque question a une façon de trouver la réponse.</p>
<h2 id="1-linventaire">1. L’inventaire</h2>
<p><strong>Quels modèles et quels outils sont en usage, approuvés ou non ?</strong> On le découvre par
des entretiens, les consoles d’administration — l’interface où l’administrateur d’un
service gère comptes et permissions — et les lignes de dépenses. La troisième est souvent
la surprise : les outils que le service informatique ne connaît pas, payés avec une carte
de crédit par un service qui voulait seulement avancer.</p>
<h2 id="2-les-entrées">2. Les entrées</h2>
<p><strong>Qu’est-ce qui entre :</strong> texte collé, fichiers téléversés, boîtes courriel et lecteurs
partagés connectés, et le contenu venant de l’extérieur — courriels reçus, pages web ?
On parcourt chaque outil avec la personne qui l’utilise. Pas avec son gestionnaire :
avec l’utilisateur. C’est là qu’on voit ce qui est réellement collé dans une fenêtre de
conversation.</p>
<h2 id="3-les-sorties">3. Les sorties</h2>
<p><strong>Que peut-il faire :</strong> écrire du texte seulement, ou aussi modifier des fichiers,
envoyer des messages, exécuter du code, appeler d’autres systèmes ? La réponse est dans
les permissions et les réglages des connecteurs — les branchements qui relient un outil
à vos boîtes, vos lecteurs, vos bases. Un modèle qui ne fait qu’écrire du texte est un
risque de fuite ; un modèle qui peut agir est un risque d’action. Ce ne sont pas les
mêmes.</p>
<h2 id="4-les-frontières">4. Les frontières</h2>
<p><strong>Où est-ce traité et stocké, par qui, conservé combien de temps, utilisé pour
l’entraînement ou non ?</strong> La réponse est dans les conditions du fournisseur et les
réglages de compte. C’est la couche que les directions veulent voir en premier, parce
que c’est celle que la loi regarde.</p>
<h2 id="le-test-qui-classe-les-risques">Le test qui classe les risques</h2>
<p>Une fois les quatre couches cartographiées, un seul test suffit pour classer.
<strong>Tout endroit où trois choses se rencontrent passe en premier :</strong> des données privées,
du contenu venant de l’extérieur, et un moyen d’envoyer quelque chose.</p>
<p>Pourquoi ce trio ? À cause de l’injection de prompt : un texte écrit par un attaquant,
caché dans un courriel, une page web ou un document, qui dirige le modèle à la place de
l’utilisateur. C’est le risque numéro un du classement <a href="https://genai.owasp.org/llmrisk/llm01-prompt-injection/">OWASP des modèles de
langage</a>, et Simon Willison en
a donné la formulation la plus claire : <a href="https://simonwillison.net/2023/Apr/14/worst-that-can-happen/">la pire chose qui puisse arriver, c’est que le
modèle fasse quelque chose de nuisible avec vos
permissions</a>. Un modèle
qui lit du contenu non fiable tout en tenant des données privées et en ayant un canal
sortant peut être piloté par ce contenu. Pas en théorie : c’est documenté, et les
connecteurs se multiplient plus vite que les garde-fous.</p>
<p>Un modèle qui n’a qu’un des trois éléments est un risque ordinaire. Les trois ensemble,
c’est un incident qui attend une date.</p>
<h2 id="ce-que-la-cartographie-donne">Ce que la cartographie donne</h2>
<p>Deux semaines, prix fixe, et vous recevez : la carte — une page, chaque outil, ce qui
entre, ce qui sort, ce qu’il peut toucher — ; les risques classés, chacun avec ce qui
pourrait arriver et quoi faire ; trois listes : ce qu’il faut arrêter, réparer,
permettre ; et une politique d’utilisation d’une page.</p>
<p>Ce n’est pas un test d’intrusion — une attaque simulée contre vos systèmes — ni une
certification de conformité, ni un avis juridique. C’est de la cartographie
d’architecture et d’exposition, faite par des gens qui construisent ces systèmes.</p>
<p>Une dernière chose, propre au Québec : la loi 25, la loi sur la protection des
renseignements personnels du secteur privé, exige une évaluation des impacts sur la vie
privée — une ÉFVP — pour tout projet qui touche des renseignements personnels. La carte
fournit les faits qu’une telle évaluation demande ; elle ne la remplace pas, et ce
n’est pas un conseil juridique (<a href="https://blakes.com/fr-ca/perspectives/nouvelles-obligations-en-matiere-de-protection-des-renseignements-personnels-au-quebec-votre">le cabinet d’avocats Blakes, lecture de la loi</a>).</p>
<p>La question de départ était : qu’est-ce qui est branché sur quoi ? Deux semaines plus
tard, la réponse tient sur une page — et vous décidez avec des faits.</p>


